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Les marcheurs nus du Val de Roanne ou le tourisme en toute simplicité ©Estelle Pereira

Demain, vivre ses vacances autrement

03.07.2020

Enquête 

La crise sanitaire perturbe en profondeur l’industrie touristique, troisième secteur économique mondial. Les territoires pourraient saisir cette occasion pour repenser leur stratégie de développement vers un tourisme plus soutenable. Dans la Drôme, le tourisme vert est loin d’être nouveau. Mais l’objectif du profit immédiat pourrait, une fois de plus, menacer un modèle durable encore fragile.

Partir. C’est devenu une évidence. Voyager toujours plus loin. Passer son temps libre ailleurs. En ces temps troublés par la pandémie mondiale due au Covid-19 et par la critique de plus en plus audible du modèle touristique actuel, la question de se déplacer hors de nos frontières se pose plus amplement. 

L’industrie du tourisme a été l’une des plus touchées par la crise sanitaire. L’activité paralysée, la réalité saute aux yeux, même auprès des plus aveugles : le tourisme n’est pas seulement une rente économique mais c’est une activité qui met en péril les sites naturels et patrimoniaux, qui contribue au déplacement de populations par millions et engendre de nombreux désagréments dans la vie quotidienne des résidents. 

Au printemps 2020, les Français ont vécu bloqués dans un rayon d’1 km. Partir à 20 km de chez soi pourrait suffire au besoin de dépaysement et permettrait de  relocaliser une activité mondialisée. Une chance dont les départements et les régions entendent bien tirer profit au nom d’un tourisme plus vertueux. 

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Légende : 85 % des habitants d'Auvergne-Rhône-Alpes font du tourisme dans la région dont 81%  font des excursions à la journée. Dans la Drôme, le tourisme régional n'est pas nouveau. Photo: chemin de randonnée menant au canyon des Gueulard, à Omblèze. ©Estelle Pereira 

Les territoires n’auront pas de sitôt l’occasion de repenser en profondeur leur plan d’action pour une transition progressive vers un tourisme plus soutenable. « Tester un nouveau mode de vie en intégrant l'écologie dans son quotidien [...] c'est possible dans la Drôme », peut-on lire sur la page Internet de l’agence de développement touristique du département. Après les paroles, passons aux actes. 

Certains acteurs du tourisme sont en route depuis longtemps. Comme le fondateur de l’agence de voyage Safrantours, Hervé Baussanne, qui n’a pas attendu l’essor du marketing sur le « tourisme vert » pour promouvoir les déplacements doux. Porté par l’envie de certains touristes de limiter leur impact sur l’environnement quand ils partent en vacances, l’entrepreneur propose de revoir la façon dont on se déplace sur le territoire.

Envie de se déplacer sans polluer 

Au début des années 90, il élabore ses premiers séjours “randonnée et vélo” en itinérance dans le département et dans toute la France. Le succès est là. Vingt-cinq ans plus tard, ses circuits sont toujours commercialisés en direct et via des tour-opérateurs. « Au fil des années, l’idée de partir en liberté a grandi au détriment des voyages accompagnés. Il faut dire qu'il y a eu beaucoup de sentiers aménagés depuis. Aidés de leur GPS, les gens sont plus rassurés pour voyager en autonomie », analyse l’ancien guide de moyenne montagne. 

Le fondateur de SafranTours insiste sur la nécessité “d'une cohérence territoriale entre les communautés de communes”, pour faciliter l’utilisation des moyens de transport doux. Il cite l’exemple de la Vélodrôme, une véloroute qui s’étend de l’embouchure du Rhône jusqu’à Saillans. Douze ans de projet pour seulement 37 km de pistes, dont certaines parties impliquent encore de passer par la départementale.  “L'aménagement du territoire prend du temps et souvent il n'y a pas de continuité, faute de volonté politique et d’investissement”, regrette-t-il.

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Légende : Hervé Baussanne, précurseur dans le tourisme doux dans la Drôme. Il a été l'un des premiers à créer une agence de tourisme qui promeut l'itinérance et les déplacements à vélo. ©Estelle Pereira

« On constate qu’il y a un vrai essor du vélo », analyse Morgane Regnier, directrice de Dromolib, une association qui promeut le développement de la mobilité douce dans la Drôme. « C’est une demande qui vient d’en bas ». Selon elle, en ce qui concerne le tourisme, « les équipements autour du vélo ne sont pas à la hauteur. Il faut des arceaux, des stations de gonflage, pour simplifier et accroître son utilisation ».

Dans la Drôme : 59 établissements sont labellisés Accueil vélo, 38 structures d’hébergement, 7 offices de tourisme, 9 sites de visite, 4 loueurs, 1 réparateur de cycles.

Pas d'alternative à la voiture  

Même constat par rapport au train. Il y a plusieurs années, Hervé Baussanne a tenté la mise en place d’un circuit en train, de Livron-sur-Drôme jusqu’à Luc-en-Diois. L’idée que les familles puissent embarquer avec leur vélo, et parcourir les 60 km en s’arrêtant de village en village, a vite été abandonnée. « Dans les faits, ce n’était pas réalisable. Le train ne disposait pas des équipements suffisants pour les vélos », regrette-t-il. 

La voiture reste encore le mode de transport privilégié pour visiter le territoire, y compris pour les touristes. En témoignent chaque été, les bords de la D93 - qui suit le cours de la rivière Drôme -  pris d’assaut par un « stationnement anarchique », pour reprendre les termes de David Arnaud, employé au syndicat mixte de la rivière Drôme (SMRD). Parfois, le bas-côté de la route est la seule voie d’accès à la baignade, prisée par des vacanciers et des habitants en mal de fraîcheur. 

Il est également impossible de rejoindre les villages pittoresques de la vallée sans voiture. Pour pallier le manque de transport en commun, le conseil départemental a mis en place un système de taxi à la demande très apprécié par les gîtes et établissements d’accueil de l’arrière-pays. Pour des prix allant de 5 à 10 euros, les touristes et locaux peuvent se rendre depuis la gare de Valence dans tous les lieux touristiques de la vallée. 

Malgré son succès, le service nommé Taxi Val de Drôme est “en déclin”, selon Dominique et Pierre Juveneton, gérant d’un établissement d’accueil autour du jeûne et de la randonnée, à Gigors-et-Lozeron. 

Depuis un an, le couple regrette que les plages horaires aient diminué et que le service ne fonctionne plus le dimanche et les jours fériés. “Nous avons l’impression que depuis que le service est géré par une société lyonnaise c’est en train de décliner. Comme si la volonté finale était de faire disparaître un concept qui fonctionnait très bien”, déplore Dominique Juveneton. 

Dès leurs débuts, ils se sont appuyés sur ce service pour permettre à leurs clients de rejoindre la grande maison située au coeur du vieux-village de 193 habitants, sans prendre de véhicule. « Voilà un service qui fonctionnait bien, pas très coûteux pour la collectivité, où il vaudrait mieux continuer à investir. Plutôt que de dépenser des millions dans des campagnes de communication», tranche Dominique Juveneton. 

Alerter les touristes sur la fragilité des milieux naturels

En plus du transport, le développement du tourisme durable ne peut se faire sans prendre en considération l’impact des touristes sur les écosystèmes. Une étude menée entre 2017 et 2018 par le syndicat mixte de la rivière Drôme (SMRD) a mis en évidence l’incidence des activités de loisirs sur les cours d’eau. Elle révèle entre autres, entre Die et Blacons, une concentration trop importante d’activités comme le canyoning ou les randonnées aquatiques. Une fréquentation qui altère des cours d’eau dont le débit est déjà faible. 

David Arnaud, employé du SMRD et animateur du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE), alarme sur la nécessité de mettre en place un programme de sensibilisation du public pour protéger les milieux aquatiques. Selon le technicien, il s’agit d’alerter les touristes, avec des panneaux d’informations, qu’ils foulent le sol d’un lieu menacé par l’activité humaine. Une campagne de sensibilisation qu’il voit aussi comme un moyen de rappeler aux professionnels et aux collectivités leur rôle dans la préservation de ces sites menacés. 

Pour le technicien, il reste dangereux de continuer à miser uniquement sur l’attractivité de la rivière Drôme pour capter la clientèle touristique. « À l'horizon 2040, quand les sécheresses auront fait disparaître la rivière, nous n’aurons plus les ressources suffisantes pour développer ce type de tourisme et d’activités. Il faut d’ores et déjà réorienter le “produit touristique” pour qu'il se concentre moins sur la rivière », alerte-t-il. 

Gare à la surfréquentation ! 

Le tourisme dans la Drôme, c’est 3,4 millions de nuitées en 2018 (à titre de comparaison dans les Alpes-Maritimes, on parle de 70 millions de nuitées la même année). Le département est 37ème pour l’accueil des touristes français. Il n’est donc pas question de tourisme de masse comme constaté sur le littoral méditerranéen. Les structures d’accueil sont pour la grande majorité à taille humaine. La Drôme pratique un tourisme plus vertueux du fait de sa situation géographique entre mer et montagne. Mais, si on n’y prend garde, une surfréquentation des sites peut provoquer, même ici, des dégâts irréversibles pour la nature.

En témoigne le cas des chutes de la Druise. La balade le long du cours d’eau de la Gervanne à la découverte du site classé des Gorges d’Omblèze pâtit d’un afflux de visiteurs. Il suffit de 20 000 personnes à l’année pour détériorer un chemin resté encore naturel. Résultat : les accidents se multiplient et « le sentier est très détérioré par le passage des gens », raconte le maire de la commune Gilbert Pourret. Des riverains se sont plaint également des déchets abandonnés sur le chemin. La municipalité milite pour le financement d’un aménagement sécurisé. Mais est-il souhaitable d’aménager, au risque d’aggraver une situation de surfréquentation ? 

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Légende : Selon David Arnaud, technicien au Syndicat mixte de la rivière Drôme, il est dangereux de concentrer la communication touristique du département autour de la rivière. Cette dernière est menacée chaque année un peu plus, par la sécheresse. 

Pour Rodolphe Christin, sociologue et auteur du Manuel de l’antitourisme (Écosociétés, 2018), limiter la construction d’aménagements d’accès aux lieux naturels est « le meilleur moyen de protéger le territoire ». « Je suis intervenu en novembre auprès de professionnels du tourisme, ils m’ont expliqué qu'il y a eu un « débalisage » d'itinéraires dans certaines communes pour arrêter d’encourager les gens à y aller », relate le sociologue au Bec.

L’idée de l’essayiste peut s’illustrer par la gestion de la réserve naturelle des Hauts Plateaux du Vercors. La plus grande réserve terrestre de France (17 000 hectares) est parvenue à concilier l’activité touristique des randonneurs avec la préservation de la nature. Aucun balisage n’y est autorisé si ce n’est celui des sentiers des grandes et petites randonnées (GR et PR). “Ce n’est pas un territoire accessible à tous. C’est un domaine de liberté à condition d’en maîtriser les outils. Le public qui n’a pas de connaissance sur la montagne et qui vient sur les Hauts-Plateaux, n’y a pas sa place”, explique le garde de la réserve Bruno Cuerva.

L’inaccessibilité du site est une forme de protection. Entre 150 000 à 300 000 personnes arpentent les sentiers chaque année, “l’équivalent de deux semaines de fréquentation du tour Mont Blanc”, compare Bruno Cuerva. Selon lui, les montagnes drômoises sont globalement peu altérées par le passage des marcheurs, si ce n’est sur certains itinéraires plus faciles d’accès comme celui des Trois Becs. « Ce n’est pas forcément l’activité en elle-même qui est problématique, mais le type d’activité qui va être pratiquée sur certains sites menacés comme l’escalade ou le parapente”, poursuit l’ancien accompagnateur en montagne. “Il faut interdire l’accès aux lieux les plus sensibles. C’est notre devoir », tranche le policier de l’environnement. 

Il regrette que les offices de tourisme ne donnent pas plus d’informations sur la manière d’aborder les sites. « Une campagne de sensibilisation ou d’éducation du public pour expliquer qu’il ne faut pas piétiner les sédiments, qu’il est interdit de donner à manger aux animaux sauvages etc., serait souhaitable. Ce sont des informations simples qui ne sont pas assez communiquées », déplore-t-il.

Faire évoluer les labels 

Certains acteurs du terrain, qui pratiquent un tourisme durable depuis plusieurs décennies, ne se sentent pas soutenus par les décisions politiques. « Ils font du green-washing, disons les choses comme elles sont ! », souffle Marion Haas. Avec son mari Stéphane Cozon, elle a construit un gîte sur une ferme abandonnée, il y a plus de vingt ans, à Cobonne, dans la Drôme.

Au fond d’une petite vallée verdoyante, le couple est parvenu à créer un véritable havre de paix. Des panneaux solaires et une construction en bois à douze côtés, qui donnera le nom au gîte Dodécadôme, surplombent le chemin au bout duquel les agriculteurs accueillent leurs visiteurs dans des bâtiments 100 % écologiques.

Ils ont beau oeuvrer à limiter leur impact sur l’environnement le plus possible, les deux entrepreneurs sont toujours hors-cases pour être labellisés par les institutions. Exemple avec la charte des “éco-gîtes de France, un label d’écotourisme, que l’on retrouve sur tout le territoire national : « Dans les critères, le chauffage électrique est rédhibitoire, or nous produisons notre propre électricité avec nos panneaux solaires », déplore Marion Haas. 

L’hôtesse retrouve les mêmes paradoxes avec la charte “éco-hébergeurs” de la Biovallée, une association portée par les trois intercommunalités de la vallée de la Drôme et qui a pour objectif de mener une véritable révolution verte sur le territoire. « Quand ça devient compliqué de remplir un dossier, alors que nous produisons notre propre électricité, notre propre eau chaude et que nous recyclons et pratiquons une agriculture en biodynamie, c’est qu’il y a un problème », poursuit Marion Haas 

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Légende : Marion Haas et Stéphane Cozon, propriétaire du gîte Dodécadôme, produisent entièrement leur électricité grâce à des panneaux solaires. Même s'ils font le maximum pour limiter leur impact sur la nature, le couple ne parvient pas à obtenir de label tels que ceux des "éco-hébergeurs", ou encore des "éco-gîtes", proposé par la marque "Gîtes de France". ©Estelle Pereira

« La charte éco-hébergeur est en train d’être remaniée », admet Claude Boudeulle, vice-présidente de l’association Biovallée. Pour mieux coller aux attentes des principaux concernés, à savoir les acteurs du tourisme, la structure tente de réunir tout le monde autour de la table. 

Les créateurs de Dodécadôme ont participé à ces rencontres. La préoccupation principale des acteurs locaux du tourisme est de savoir si les habitants de la Biovallée les connaissent. Un point important, puisque la crise de la Covid-19 compromet l’arrivée des touristes étrangers. Les professionnels du tourisme espèrent un élan patriote pour compenser les pertes. 

Une vision purement économique 

Le risque, encore et toujours, est de ne voir le tourisme uniquement sous son aspect économique, sans prendre en compte, son impact social et environnemental. « On est encore sur une vision tournée vers l’étranger, même si Laurent Wauquiez [président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ndrl] parle de relocalisation », constate Corinne Morel Darleux, conseillère régionale à la région Auvergne-Rhône-Alpes, membre du groupe Rassemblement citoyen écologique et solidaire (RCES). L’élue prend l’exemple des stations de ski qui vivent une saison difficile avec la crise sanitaire. Pour elle, la solution serait de les aider à baisser leurs forfaits ski qui sont « souvent trop chers pour les locaux ». « Mais ça n’a eu aucun écho au sein de la commission touristique de la région. Puisque qu’ils misent tout sur le marché anglais et étranger. » 

La Dioise s’insurge contre une institution incapable d’avoir une vision sur le long terme. Au delà des 2,8 millions d’aides d’urgence débloquées pour les acteurs du secteur, « qu’est-ce qui est prévu pour la suite ? » interroge-t-elle. « Il fait de plus en plus chaud dans les Alpes, on met des canons à neige qui ont besoin de froid pour fonctionner. Les nappes phréatiques sont à sec, on crée des retenues d’eau qui l’empêchent de ruisseler. Et dans ce cas précis, alors qu’on nous explique que la grosse inquiétude pour la prochaine saison de ski est le marché anglais, devinez quoi : on décide de mettre le paquet sur le marché anglais », s’exaspère-t-elle dans un tribune publiée sur Reporterre. Elle lâche, en conclusion :  « Heureusement qu’il se passe des choses sur le terrain ». 

Certains n’ont pas attendu la crise sanitaire, qui limite nos déplacements, pour s’apercevoir qu’en allant à quelques kilomètres de chez soi, on peut être dépaysé : « Certains clients viennent de Valence à une quarantaine de kilomètres et se disent dépaysés », affirme Marion Haas. Selon les chiffres de l’INSEE, parmi les 67 % de touristes français qui sont venus dans la Drôme en 2018, 27 % étaient originaires de la région Auvergne Rhône-Alpes. 

Miser sur les acteurs de terrain

Et si les gens ont des envies de nature, Corinne Morel Darleux constate que les territoires qui proposent des activités de plein air ne sont pas vraiment aidés, car la randonnée, la baignade ne rapportent pas d’argent, « ce sont des territoires qui peuvent exister en dehors du tourisme et avec un tourisme différent », rappelle-t-elle. Même si la Drôme a développé un tourisme durable, avec de la mobilité douce et des activités en pleine nature, c’est l’économie qui prime.

Si l’on se penche sur les chiffres, le tourisme de montagne génère environ 7 milliards d’euros chaque année dans la région Auvergne Rhône-Alpes. La cour des comptes a publié en février 2018, un rapport alarmant sur les stations nord alpines face au réchauffement climatique.* Une des recommandations du rapporteur était de diversifier l’activité de ces stations « fragilisées » et de les aider à favoriser « un tourisme de proximité mieux réparti entre les saisons ».

La crise due au Covid-19 va précipiter le développement du tourisme local. Si la Drôme est une terre préservée des effets néfastes du surtourisme, c’est que les acteurs locaux restent fermes sur leur position. 

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Légende : Ce que recherchent les touristes dans la Drôme selon ces visiteurs grenoblois ? La nature, les pistes cyclables et la tranquillité. Au gîte des Ayasses à Vauvaney-la-Rochette, près de Crest. ©Estelle Pereira

À l’aube d’une refonte de la charte éco-hébergeurs conduite par l’association Biovallée, la quinzaine de structures qui y participent souhaitent garder un esprit vers le 100% écolo mais y ajouter un peu de souplesse, pour pouvoir s’améliorer. “Cette charte sera portée par l’ensemble du territoire Biovallée”, explique Claude Boudeulle. “Les acteurs locaux veulent plus de solidarité”. Et en temps que coordinatrice du projet, l’association a justement regroupé tout le monde autour de la table. 

Car apposer sur sa communication le logo Biovallée ne suffit pas à construire le tourisme de la transition écologique, économique et sociale. “Il y a des annonces cosmétiques, qui surfent sur des tendances”, constate Corinne Morel Darleux. Pour la conseillère régionale, spécialiste de la collapsologie, il faut prévoir : “On a toujours un train de retard, on essaie d’apaiser les dégâts déjà commis, plutôt que s’adapter et avoir un peu plus de résilience”. 

Sans doute faut-il moins “naviguer à vue”, et commencer à paver le chemin pour le tourisme de demain. 


Elodie Potente et Estelle Pereira
 


*https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/14-stations-ski-Alpes-nord-face-rechauffement-climatique-Tome-2.pdf


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