Vélodrôme#4:le bout de la piste, provisoire

26.07.2019

 

Pour commencer ce nouvel épisode cycliste en quittant Crest, nous avons rendez-vous avec Morgane Régnier, conseillère en mobilité (vidéo) chez Dromolib.  Cette agence locale entend promouvoir et développer une mobilité « plus viable pour le plus grand nombre ». Elle accompagne à cette fin les associations, collectivités et entreprises à mettre en œuvre des projets d’écomobilité. Comment ? En commençant par aider ces organisations à diagnostiquer leurs pratiques de déplacement. « On est souvent surpris, à l’issue de ces diagsnotics, de découvrir la quantité d’opportunités disponibles », se réjouit Morgane. Après cet état des lieux, Dromolib va proposer une véritable boîte à outils d’alternatives moins gourmandes en énergies fossiles (transports collectifs, co-voiturage, marche, vélo, télétravail, tiers-lieux, etc.), et inviter à motiver les collaborateurs. Cela peut passer par de l’information, des événements, des soutiens objectifs (mise à disposition de vélos, par exemple), ou des « mesures incitatives ».


 

Lire aussi : Quelle mobilité dans la Vallée de la Drôme ?


 

Morgane Régnier, conseillère en mobilité chez Dromolib

Morgane Régnier, conseillère en mobilité chez Dromolib


Mesures incitatives, comme par exemple chez Ladrôme laboratoire, à Saillans, qui offre à ses 40 collaborateurs une indemnité de 10 centimes pour chaque kilomètre parcouru à vélo sur le trajet domicile-travail. Et le double après 100 jours de pédalage… L’entreprise met aussi à disposition 2 vélos électriques, a négocié des rabais pour son personnel chez un vendeur de cycle local et a initié la Vélobricolade, un genre de fête d’entreprise où venir partager un repas, apprendre à réparer son vélo et bricoler en commun. « On essaye de sensibiliser doucement, d’inciter à venir de temps en temps à vélo, et pas forcément tout le temps », précise Joël Deslandes, chargé de communication, qui ne souhaite pas enfermer la mobilité douce dans un dogme.

Le Cyclolodge, conception locale pensée pour les cyclistes

Joël lui aussi utilise souvent que possible son vélo pour rallier Piégros à Saillans, comme nous aujourd’hui. Le parcours de la VéloDrôme est ici moins « protégé » qu’à l’étape précédente, mais il utilise une petite route peu fréquentée. On prend (si on ne travaille pas), le temps de flâner, au gré des paysages qui se succèdent, prés à taille humaine, petits vergers et nobles propriétés, avec les Trois Becs en toile de fond. Nous nous offrons un petit détour par la D164B, pour visiter le camping les Chamberts, et son patron Laurent Barbarin, un autre amateur de vélo. Laurent est fier de proposer le premier Cyclolodge (voir vidéo et photos), un habitat léger conçu par Selvao conception à Piégros. Le Cyclolodge, ce sont deux couchettes, une réserve à vélos fermant à clé, une alimentation pour les batteries des vélos électriques, ainsi qu’un réfrigérateur et des ustensiles de cuisine, car on sait les cyclistes pas toujours équipés… Laurent deviendra aussi bientôt « Accueil Vélo », label national qui exige abris vélos, outillage, station de lavage, location et même transfert de bagages.

Laurent Barbarin, fier de disposer du Cyclolodge, au Camping des Chamberts
Laurent Barbarin, fier de disposer du Cyclolodge, au Camping des Chamberts

Autant d’efforts mal récompensés, à en croire le gérant du camping. « La VéloDrôme, c’est super et ça marche fort, mais pourquoi elle ne passe ici ? Juste pour une petite différence de trafic ? Je n’ai même pas été consulté. Je suis très déçu.»


La piste cyclable à la française : l’accotement conseillé

La piste cyclable à la française : l’accotement conseillé


Passés les Chamberts, nous rejoignons rapidement la D93 (7 kilomètres depuis Piégros), départementale trop fréquentée et qu’il nous faut pourtant traverser pour rejoindre Saillans. Un point noir très sérieux pour nombre de cyclistes, qui reprochent aux collectivités de ne pas avoir cherché une solution qui éviterait cette rupture de la véloroute. De l’autre côté, nous rejoignons une de ces fameuses « fausses pistes cyclables » (voir articles précédents) jusqu’au centre de Saillans (2 km environ) après un petit détour dommageable. On repense à Morgane qui commentait : « Il faudra un vrai maillage entre véloroutes et communes, qu’aller de la ville à la route soit simple et sûr ».

Arrivée au centre de Saillans, la VéloDrôme se termine sans préavis, provisoirement nous assure-t-on. Le touriste lambda cherchera longuement les fameux panneaux vert et bleu avant de se résigner à rejoindre la D93 et à respecter le laconique « Accotement conseillé » (photo). Chez Ladrôme laboratoire, on a sondé les collaborateurs du Diois : « Trop dangereux actuellement pour le vélo », a répondu la majorité. La suite, s’il doit y en avoir une, la semaine prochaine…

Xavier de Stoppani


Retrouvez un épisode "À la découverte de la Vélodrôme" chaque vendredi !

Pratique

9,5 kilomètres de Piégros-la-Clastre à Saillans.

 
Les +

Trace plutôt directe

Ambiance paisible et pour l’essentiel sans danger

Les –

Dur retour à la civilisation au moment de traverser la D93 sans aucune protection. Attention aux enfants.

Fin abrupte de la VéloDrôme pour une route de Die peu tranquille.

Connectez-vous pour publier un commentaire