Solidarloc,chantier participatif à la maison Marguerite

26.09.2019

Ce jeudi soir se déroule une réunion d'information sur le projet de réhabilitation de cet immeuble de la place du Joubernon, destiné à devenir un accueil provisoire pour les plus précaires.

 

Place du Joubernon, numéro 21 : un immeuble de quatre étages, face au Monument aux Morts. Fermé depuis 5 ans mais qui va bientôt reprendre vie. Début octobre devraient démarrer les travaux de remise en état de cette maison destinée à l'hébergement temporaire de personnes en situation de précarité, en attente d'un logement pérenne. A l'origine de ce projet, on retrouve la jeune association crestoise Solidarloc, née il y a trois ans. Irène Libert en est la présidente fondatrice, avec Jean Louis Cuzin, le trésorier, et Colette Bricard, la secrétaire.

« Au départ, il s'agissait de répondre à une urgence : loger un couple de réfugiés kosovars en attente de régularisation et qui, sans argent ni papiers, ne trouvait aucun propriétaire désireux de lui louer un appartement. Notre modèle s'inspire de celui d'une association valentinoise, la Alda (accompagnement par le logement en Drôme Ardèche) c'est à dire que nous servons d'intermédiaire. Le propriétaire loue l'appartement à l'association qui se porte garante du paiement des loyers et le locataire nous rembourse ce qu'il peut. Le propriétaire est ainsi rassuré et n'a que nous comme interlocuteur » explique Irène.

Avec le projet de la « maison Marguerite » -c'est ainsi qu'a été baptisé l'immeuble de la place du Joubernon- le « challenge » prend une autre ampleur. Cette maison appartient à un prêtre du diocèse de Gap qui en a hérité de sa tante, Marguerite Chaix (originaire de la vallée, elle est enterrée au cimetière de Crest). L'abbé -qui a tenté de la louer quelques années- a toujours voulu la destiner à une œuvre sociale, pour l'accueil des plus défavorisés, et la léguer à une association d'utilité publique comme le CCFD ou la Fondation Abbé Pierre. A l'occasion d'une réunion d'un comité technique réunissant, outre ces deux acteurs de la solidarité, les Restos du cœur, le Secours populaire, l'Amape, Valdrôme réfugiés, le besoin d'appartements « relais » pour personnes en grande précarité -qu'il s'agisse de jeunes à la rue, de femmes seules avec ou sans enfants, ou de réfugiés en attente de régularisation- s'est exprimé de façon criante. «Le collectif n'attendait que ça : que quelqu'un relève le défi et utilise la maison pour cet accueil. La présence de ce réseau dense a été un moteur décisif pour nous, car on savait qu'on pourrait compter sur eux. Alors, on a décidé de « retrousser nos manches ...», poursuit Irène Libert.

 

L'affaire a pris du temps. Pendant un an et demi, l'association a travaillé à rencontrer le propriétaire et à monter le modèle juridique. « Nous avons choisi le bail emphytéotique c'est à dire que Solidarloc s'engage à louer la maison pendant 30 ans, même si celle ci est léguée entre temps». Simple locataire, l'association a les mêmes contraintes qu'un propriétaire et s'engage par exemple à payer les taxes foncières. Un premier financement participatif, sur la plateforme « HelloAsso », a permis de payer les frais de notaire et d'officialiser la signature du bail qui a eu lieu le 16 septembre dernier. Un deuxième va être lancé sur le site « les petites pierres » (Fondation Emmaûs) pour atteindre une première somme de 15 000€. «Il nous faut trouver 7 500€ de dons et les « petites pierres » abondent le complément », explique le trésorier, tout en insistant sur la déduction fiscale dont bénéficient les donateurs. 

Financement participatif et chantier coopératif

Et maintenant ? Tout reste à faire car il s'agit de remettre la maison en état pour y créer trois studios de 30 mètres carrés (un par étage) plus un rez de chaussée avec local technique et salle de réunion. C'est Vincent Portier qui conduira les travaux avec tous les bénévoles volontaires. « Réhabiliter entièrement la maison aurait coûté trop cher, il s'agit donc de la rendre habitable et pour tenir dans l'enveloppe budgétaire de 30 000€ nous avons besoin de toutes les compétences et bonnes volontés ». Ce jeudi 26 se déroule au bar associatif « Eugène » -instauré « base arrière » du chantier- une réunion pour présenter le projet et recruter les premiers donateurs et les premiers volontaires. Solidarloc a besoin de toutes sortes de gens : « de ceux qui viennent donner un coup de main pour déblayer et nettoyer à ceux qui feront la cuisine pour les électriciens, plombiers et maçons volontaires du chantier. » Elle recueille aussi du matériel : tuyaux, câbles électriques, cloisons, en attendant sanitaires et mobilier. « Tout est bienvenu » prévient Vincent Portier qui établira le planning des travaux. Ceux-ci devraient durer trois mois, jusqu'à Noël 2019.

Ce sera donc début 2020 que la « maison Marguerite » pourra accueillir ses premiers locataires. Des locataires qui trouveront là de quoi souffler pendant 3 à 6 mois (selon le contrat établi), le temps de reprendre pied dans leur vie cabossée, accompagnés par tous les acteurs crestois de la solidarité.

Claire Simond


Renseignements :

jeudi 26 septembre, à partir de 18h30, chez Eugène (place du Joubernon) réunion d'information en présence des porteurs de projet.

Sur le site « les petites pierres », projet « maison Marguerite »

Adresse mail : solidarloc26@gmail.com


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