Un café avec Tanguy, gilet jaune Crestois

26.08.2019

En novembre 2018, il y a presqu'un an, les ronds-points de France se paraient de jaune. Le mouvement fait sa rentrée avec l'organisation d'un contre G7, au Pays-Basque. Dans la Drôme, les gilets jaunes n'ont pas chaumé cet été : ils se sont retrouvés pour deux jours de festival à Saillans et ont organisé un "musée des gilets jaunes" au rond-point de la Croix-de-Romans à Crest. Dans l'ombre, certains travaillent toujours sur des actions longue durée, comme la mise en place d'un RIC.

Tanguy, 32 ans, avait bien voulu se confier au Bec sur son implication dans le mouvement. Nous l'avons retrouvé, six mois plus tard, sur la terrasse du Globe à Crest pour savoir où il en est de son implication dans les gilets jaunes.Avec lui nous avons parlé du RIC, de la mise en place d'une nouvelle démocratie et des difficultés rencontrées pour fédérer les gens.

Les Assemblée générales des gilets jaunes du Crestois étaient régulières au début de l'année 2019. Tanguy y participait alors : "Il faut qu'on se repolitise, pour avoir un discours entendable par les gens qui sont au-dessus de nous. C'est comme ça qu'on arrivera à une conscience populaire", affirmait-il en février dernier, dans les colonnes du Bec. Aujourd'hui le grânois s'investit de façon significative dans l'organisation d'un RIC ou référendum d'initiative citoyenne au niveau communal. "L'idée des groupes RIC c'est de monter un groupe communal et de le faire évoluer d'échelle en échelle jusqu'au niveau national", explique-t-il. Revendiqué depuis le début du mouvement, cette mesure permettrait d'organiser un référendum (avec un certain nombre de signatures requises) sans pour autant avoir l'accord du gouvernement avec pour but de proposer une loi, d'abroger une loi, de modifier la Constitution ou encore de révoquer un élu.


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Une division chez les gilets jaunes du Crestois ?

A Crest, les gilets jaunes sont un peu divisés, entre ceux qui sont retournés sur le rond-point et ceux qui ont déserté les Assemblées générales. "Il y a un peu deux groupes qui se sont détachés", constate Tanguy. "Personnellement j'ai décidé de plus aller aux réunions mais de continuer à bosser sur le groupe RIC qu'on avait formé".
En pause pour l'été, le groupe a pourtant de nombreuses envies de démocratisation du concept.
Pour aider les gens à comprendre, Tanguy et son groupe souhaite réaliser une émission de radio en proposant des petites scénettes pour vulgariser le concept qu'il défend : "Ce seront de petits formats qui vont étaler les différents aspects du RIC avec peut-être l'envie de faire une émission plus approfondie par la suite".


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Un investissement sur le fond

Si Tanguy n'a jamais vraiment été sur le rond-point de la Croix-de-Romans, il est investi depuis le début sur des questions de fond. Il parlait en février de "repolitiser" les français à travers le mouvement des gilets jaunes.
Pourtant, les répressions policières en ont découragé plus d'un et il reste difficile pour les militants les plus tenaces de s'organiser. Le dernier exemple étant la bunkérisation de Biarritz pour la tenue du sommet du G7 où de nombreux militants (gilets jaunes et autres) ont dû revoir leur plan.
Pour Tanguy, il s'agit alors de la jouer sur la durée : "On est six à Crest pour travailler sur le RIC, le but c'est de renseigner un maximum les gens et d'aller interroger les habitants pour connaître leur avis, pour faire ressortir des problématiques." Avec son expérience de démocratie participative bien installée, la ville de Saillans pourrait être la première de la Vallée à voir un RIC naître.

Un lien au niveau national

"Le but est de créer des liens, de rencontrer des gens. Il y a des endroits où il y a des textes de lois bien aboutis écrits par des citoyens, certains font des ateliers législatifs ", commente Tanguy. Le RIC est sur toutes les bouches, comme samedi 12 août dernier à Saillans où un gilet jaune expliquait son implication dans le référendum d'initiatives citoyennes à l'échelle de sa commune. Néanmoins, le processus est long et difficile à faire connaître.
Affaire à suivre…

E.P


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