Fiona MCClean

13.05.2020
SWIFFER MOPLEBEC3

Death of the Swiffer mop, graphite

‘La mort du balai Swiffer. Je fus un jour lancé à travers la pièce dans les combles. Alors que je m’écrasai contre le mur, je me cassai en deux. Je restai là sur le sol en lino pendant plusieurs jours. Quelle ne fut pas ma joie lorsque je repris vie en ombre de lumière sous les traits d’un aéroplane nageant parmi les hippocampes’.
'Death of the Swiffer mop – I was hurled across the attic room; on crashing against the wall I broke into two pieces. I was left for days on the linoleum floor. To my joy I was reborn as an aeroplane and I could fly with the seahorses'.

 

SHARDLEBEC3

Shards, drawing, Éclats de verre, dessin, graphite

 

 

 

churchlowres3

Suze, l'église, 2019, peinture sur lin, 33x22cm

 

 

 

P2018+38X46LA+LAUPIE1+MIDDLE+OF+SUMMERWEB3

La Laupie, 2018, huile sur toile , 38x 46cm

 

 

PToits+et+cypresWEB3

Toits et cyprés, 2018, huile sur lin, 33x22

 

  

Fiona MCClean
peintre
née 1961 en Allemagne
vit et travaille à Crest

www.mccleanfiona.com


De 1981 à 1984 Formation à l’Université du Pays de Galles Diplôme Universitaire des Beaux-Arts. Elle obtient plusieurs bourses d’études.


Entre 1989 et 2001, elle travaille comme illustratrice aux éditions Pergamon Press, à Oxford, puis comme grahiste chez Oxfam.


Elle découvre la Drôme en 2001 et fait plusieurs résidences d’artistes dont une avec l’association Art in Situ, créée à l’initiative de Betsy Bell, artiste anglaise demeurant à La Roche-sur-Grâne. Ce réseau d’artistes Drômois organisera en Europe, pendant plusieurs années, des échanges et des résidences d’artistes dont la but est de créer in situ des œuvres pérennes ou temporaires.


Fiona MCClean s’installe définitivement en France en 2002. Elle peint essentiellement des natures mortes.

En 2018 elle décide d’exercer son œil à une plus grande échelle : peindre des paysages sur le motif, perpétuant la tradition des peintres paysagistes mais elle ne recherche pas le réalisme pour autant : « Je me rends dans un lieu pendant plusieurs jours à des heures différentes pour observer comment la lumière modifie les montagnes, les champs, les arbres et les villages. Quand je peins à l’extérieur j’observe intensément le paysage, mais mon choix de formes, de motifs, et de couleurs est subjectif. »


Avec le confinement, c’est une nouvelle aventure qui commence . Fiona MCClean, empêchée soudain de sortir peindre des paysages dans lesquels elle trouve, en même temps que la paix intérieure, le plaisir des couleurs et les contrastes de lumière, décide « de faire des dessins d'objets cassés, des objets de la vie quotidienne comme des verres à vin et des couverts, que j'ai brisés parfois délibérément, d'autres fois par accident. »


« Vivre avec mes émotions m'a mis au défi toute ma vie, précise-t-elle. Je me suis souvent demandé pourquoi il m'est aussi difficile d'exprimer ces sentiments par la peinture : la tristesse, la colère, la frustration ou les extrêmes allant de la joie à la mélancolie. Je suis incapable d'expliquer ces moments d'impulsion, mais en dessinant ces objets fragmentés, je peux représenter quelque chose de profondément personnel et répondre à cette question. »


Pour elle, c’est un changement complet, pas seulement de sujet mais de mode de travail.

« Lorsque je peins des paysages, je travaille avec rapidité, en réponse à la lumière qui change et aux ombres qui bougent. Mais lorsque je dessine les objets, dans mon atelier, je ne suis pas limitée par le temps et le sujet est statique et calme. Il me faut des heures, parfois des jours, pour les arranger et découvrir leurs histoires. Je me sens parfois perdu dans le processus d'observation et de mesure des distances entre les fragments. C'est un travail en cours et de nombreux objets attendent leur transformation. »


Comme un portrait, chaque objet dessiné est saisi dans l'instant, ainsi le balais cassé dont l'ombre étrange crée une autre réalité qu'elle précise au moyen d'un texte qui fait partie intégrante de l’œuvre.


 "Shards, Eclats de verre", qu’elle associe volontiers au mot français d’échardes pour sa consonance et l’idée de blessure.
Elle nous promet d’autres dessins.  EBT


Connectez-vous pour publier un commentaire
   À LA UNE  |  OPINIONS