Routes et biodiversité : la LPO met en garde

30.10.2019

Automobilistes et faune sauvage ne font pas bon ménage ! C'est ce que la LPO (Ligue de protection pour les oiseaux), met en avant dans une étude sur les "Routes et la biodiversité" réalisée dans la Drôme.

S'il arrive à tous les usagers de la route de tuer des animaux (mamifères, amphibiens, reptiles, oiseaux), l'impact que ces "accidents" ont sur certaines espèces peut être fort. Ainsi, lorsqu'on regarde les espèces victimes de ces automobilistes, on constate que la plupart des données collectées* par les salariés et bénévoles de la LPO Auverge Rhône-Alpes recensent des mammifères trouvés morts ou écrasés sur la route, suivis par des amphibiens et des reptiles.

Certaines données sont d’ailleurs inquiétantes, puisque des chauves-souris protégées et volant assez bas se font également tuer la nuit, par des usagers qui ne les voient pas.

Thomas Deana, chargé d'études chiroptères à la LPO Drôme, déplore que certains couloirs de circulation des chauve-souris ne soient pas protégés. Comme par exemple près du ruisseau d'Ourches, véritable sentier pour le vol des chauves-souris qui suivent l'eau pour aller chasser. A contrario, certaines routes départementales ont été construites en prenant en compte le cheminement de ces animaux nocturnes : "Lors de la construction de la déviation de Saoû, on a mis des filets de deux mètres au bord de la route pour que les chauves-souris ne se fassent pas écraser", commente Thomas Deana. Une des nombreuses mesures qui permet de mixer infrastructures et biodiversités.


 

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Des constructions sans se soucier des animaux ?

Le principal problème vient de la mise en place des infrastructures routières. Il est difficile pour la LPO, malgré sa position d'association conseil auprès des institutionnels, de faire valoir les études qui montrent à quel point les routes sont élaborées sans penser à la biodiversité qui les entourent. Pourtant, de nombreuses mesures ont déjà vu le jour, comme des tunnels sous les routes appelés écoduc, ou des cordages entre les arbres pour les écureuils.

Vinci pense d'ailleurs de plus en plus à créer des corridors écologiques lors de création d'autoroute.

"Dans des cas comme la loutre, la bibliographie nous montre que les premières causes de disparition de cette espèce, sont les collisions routières", explique Alexandre Movia, chargé de mission trame verte et bleue à LPO Drôme. Cet animal avait disparu du département jusqu'en 1985 et commence à le recoloniser. Mais dû à sa faible reproduction et ses nombreux déplacements, les loutres sont particulièrement menacées par les routes.

"La chouette effraie, espèce sur liste rouge, menacée de disparition, vient chasser aux bords des routes et se fait taper. C'est ce qu'on appelle une "zone puits", les populations qui s'approchent de cette zone là vont disparaître", ajoute Alexandre Movia.

 Même s'il est "difficile de sensibiliser les agents de service des routes du département", et d'agir au niveau décisionnel, la LPO souhaite "dialoguer avec les gestionnaires des routes" et les "communes".

E.P

*L'étude a été menée majoritairement sur le Grand rovaltain avec environ 1500 données collectées.

Pour aller plus loin : http://www.lpo-drome.fr/

Une application dédiée permet de transmettre ses données à la LPO : https://www.faune-france.org/index.php?m_id=20015

Il est possible de demander une formation à la LPO : http://drome-ecobiz.biz/jcms/prod_360652/en/formation-locale-routes-et-biodiversite-proposee-par-la-lpo


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Frédérique Boulanger
Bien intéressant !
31/10/2019 - 11:54
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