Parcel, mesurer l'impact d'une alimentation locale

29.10.2019

Peut-on relocaliser notre alimentation ? Quels effets cela aurait-il sur les emplois, les terres agricoles nécessaires, sur l’environnement ? Terre de liens, qui a été fondé à Crest, tente d’y répondre avec la plateforme Parcel. Un site gratuit et interactif pour aider les décideurs locaux, les agriculteurs et les habitants à changer leur mode de consommation.

 Tout est parti de l’association Terre de liens Normandie, en 2013. Un début de plateforme, destiné à calculer le nombre d’agriculteurs nécessaires pour une production alimentaire locale a été lancé, une sorte de « convertisseur alimentaire ». « On voulait montrer la plus-value de s’intéresser à l’aménagement agricole pour son territoire », explique Damien Roumet, coordinateur Territoires et Collectivités à Terre de Liens. Cinq ans plus tard, c’est avec des données nationales que le travail de Terre de liens, en association avec la FNAB et BASIC, permet de calculer quel impact la relocalisation de la production alimentaire aurait. L’outil s’appelle Parcel ( Pour une alimentation résiliente, citoyenne et locale), c’est un site web gratuit et interactif mêlant des données et statistiques nationales.

parcel principal

Parcel a été lancé le 10 octobre 2019, après cinq ans de travail.

 

Plusieurs cibles sont concernées par cette plateforme : « Les collectivités territoriales pour leur montrer l’intérêt de s’engager au niveau de leur territoire, notamment par rapport aux restaurants scolaires », commente Damien Roumet. «  On veut également toucher les AMAPs, pour que les producteurs sachent combien de personnes ils nourrissent. Et au-delà de ça, on veut permettre une prise de conscience. »

Un premier appel en vue des municipales

« Avec l’échéance électorale dans six mois, on veut faire un plaidoyer auprès des élus », ajoute Damien Roumet. La Vallée de la Drôme est un territoire déjà en partie engagé dans la transition écologique et alimentaire. 35 % des terres agricoles sont bios, et certaines cantines ont déjà démarré une transition vers le bio et local, bien au dessus des 20 % de bio préconisés par la loi EGALIM.La communauté de communes du Val de Drôme en Biovallée a d’ailleurs lancé le programme « ça bouge dans ma cantine ». Il y a également l'association Agricourt qui centralise les commandes des restaurants collectifs et les livre. 


Lire aussi : A Piégros-la-Clastre, déjà 33% de bio et local dans la cantine 


Un exemple concret

Si l’on prend le parcours 1 (le seul disponible à ce jour) « Quels sont les effets d’une alimentation plus locale et durable ? ». On entre Crest comme ville et on choisit « rechercher par EPCI (établissements publics de coopération intercommunale)", on applique la recherche sur toute la population du territoire, on met 50 % de produits bios et on laisse le « régime actuel de produits animaux » (60 % en moyenne), voici ce qu’on obtient :

parcel 1

Impacts : 

  • 3940 hectares de terres 

  • 110 emplois 

  • -33% d'émissions de CO2 par hectare

Qu'est-ce que ça veut dire ? 

parcel 3

Il faudrait donc augmenter le nombre d'hectares agricoles.

parcel 5

110 emplois agricoles directs seraient générés.

Capture decran 2019 10 29 a 09.38.12

Il y aurait également de nombreux impacts sur le climat, les sols, la biodiversité et l'eau.

Pour tester le dispositif sur votre territoire et avec d'autres critères, rendez vous sur : https://parcel-app.org

Plus d'informations : Terre de liens

E.P 


Lire aussi : [Opinions] Consommer local, ça veut dire quoi ?


 


Connectez-vous pour publier un commentaire
   À LA UNE  |  OPINIONS