Un véhicule électrique en autopartage à Saillans

14.02.2019

 

Pour permettre aux usagers de se questionner sur leur mobilité, une entreprise Saillansonne met à disposition depuis plusieurs mois un véhicule électrique, sur un site d’autopartage entre particuliers.

Les Saillansons ont, depuis septembre 2018, la possibilité de louer une voiture électrique Twizy en autopartage, via le site Drivy. Le véhicule a été acheté par la société Conseil énergie et environnement, gérée par Joachim Hirschler. Il explique qu’il souhaitait avant tout donner la possibilité aux citoyens d'utiliser d'autres modes de déplacement: “ C’est un geste citoyen que l’on fait en tant qu’entreprise”, affirme-t-il.

 

Un premier pas 

Certes, les locations n’ont pas été nombreuses durant l’hiver, mais le fait de permettre aux citoyens de découvrir d’autres modes de déplacement plus légers et respectueux de l’environnement commence à avoir un écho.


Lire aussi : Quelle mobilité dans la Vallée de la Drôme ? 


En automne, un apéro a eu lieu pour sensibiliser les habitants de Saillans sur tous les véhicules électriques (vélos, voitures électriques, etc). Un groupe d’autopartage est présent à Crest, bientôt à Aouste-sur-Sye et à Saillans. Malgré tout, le chef d’entreprise admet qu’il reste difficile de changer les mentalités : “Pour moi le problème ne vient pas de l’ordre technique ou organisationnel, mais il est avant tout culturel”.

Pour “amorcer un changement”, l’entreprise a donc acheté une voiture Twizy de la marque Renault. Assez peu connu, le véhicule, entre le scooter et la smart, se recharge sur secteur, comme pour n’importe quel autre appareil et sur des bornes de recharge mises à disposition par les communes. Dans la Vallée de la Drôme, on en trouve à Crest, Aouste-sur-Sye, Allex, Livron ou encore Saillans.

Autre avantage non négligeable : sa taille et son poids, qui permettent de se balader sur les petites routes de la Vallée .

“J’aurai voulu amorcer ça en tant qu’élu (Joachim Hirschler est élu à la mairie de Saillans) mais je pense que ça aurait été trop long. En tant que chef d’entreprise, j’ai fait ça en une après-midi”.

Pour le chef d’entreprise, il y a une véritable nécessité de réduire le nombre de trajets, et d’utiliser notamment tout ce qui est mis à disposition comme alternative à la voiture : vélos électriques, transports en communs, autopartage. Mais pour y arriver, il faut que les gens réfléchissent eux-mêmes à leur mobilité : “Avec la location de la Twizy, on ne veut pas faire de l’assistanat, on veut que les gens se prennent en charge”. Un récent rapport de l'Insee indique que 7 salariés sur 10 se rendent au travail en voiture. Dans la Drôme, seuls 4,7% des salariés choisissent les transports en commun pour se rendre à leur travail. 

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Mise au point sur le bilan écologique des véhicules électriques

encadré par Louisette Gouverne 

Opter pour une voiture électrique est tentant et nos gouvernements européens comme ceux de Chine ou d’Inde vont obliger les automobilistes à franchir le pas.

Toutefois pour faire un choix en connaissance de cause, il est intéressant d’analyser le plus objectivement possible l’empreinte écologique des voitures électriques et la comparer à celle des véhicules thermiques (nos autos roulant aux carburants fossiles).

En roulant, une auto électrique n’émet pas de CO2. C’est bon pour nos poumons et le climat.

En revanche, pour sa construction et notamment celle de sa batterie, elle consomme de l’énergie, et 50 % de CO2 de plus que pour un véhicule thermique. C’est notamment l’extraction de métaux dits rares qui en est à l’origine. De plus, le raffinage de ces métaux rares (lithium, graphite, nickel, cobalt…) consomme de l’eau et des produits chimiques qui sont encore souvent rejetés dans l’environnement (en Chine, en Afrique...). Par ailleurs, actuellement le recyclage de ces batteries qui durent de 8 à 10 ans reste plus cher que l’extraction des métaux. Donc, on n’a pas beaucoup avancé sur ces techniques de recyclage.

Ensuite, pour rouler il faut recharger sa voiture en consommant de l’électricité qui n’est pas toujours verte, loin s’en faut. Dans un certain nombre de pays, les centrales à charbon restent en activité ; en France on peut choisir de ne pas utiliser l’électricité nucléaire, qui s’affiche toutefois non émettrice de CO2.

Ainsi, si l’on veut comparer les cycles de vie complets d’une voiture électrique et thermique, différentes études montrent à l’heure actuelle qu’il faudrait - en France - 3 ans pour qu’une auto électrique paie sa « dette carbone » de construction comparativement à une voiture thermique (ou sur un parcours de 30 à 40 000 km). Pour le traduire autrement, d’autres estiment que sur son cycle de vie une voiture électrique émet deux fois moins de CO2 que celle qui brûle de l’essence ou du diesel.

Au final, on en revient toujours là, si l’on veut vraiment réduire son bilan carbone, le mieux est - dans la mesure du possible - de diminuer notre dépendance à la voiture individuelle, même électrique.

 


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