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Dépistage Covid-19: le laboratoire de Crest s’organise

23.03.2020

Le gouvernement a fait le pari de tester au compte-gouttes les patients atteints du Covid-19. Au laboratoire Unibio de Crest, les dépistages sont effectués sur le parking, par les deux biologistes en poste.

Le gouvernement a choisi de ne pas faire des dépistages en masse du coronavirus, malgré les recommandations insistantes de l’Organisation Mondiale de la Santé. Depuis le début du confinement, le directeur général de l’OMS martèle dans les médias : « Testez les gens ». La France, elle, a développé une stratégie de dépistages au compte-gouttes. Olivier Veran, ministre de la Santé, a précisé lors d'un point presse l'évolution de cette politique de dépistage : « il faut que l’on soit en capacité de multiplier les tests à la fin du confinement ».

Les laboratoires d'analyses médicales sont donc réquisitionnés pour effectuer les tests sur les patients les plus à risques. Comment s’organisent les dépistages à Crest ? Réponse avec Bernard Arnuti, biologiste au laboratoire Unibio de Crest.

Le laboratoire de Crest pratique-t-il des dépistages du Covid-19 ?

Bernard Arnuti : "L’ensemble des laboratoires Unibio, dont Crest fait partie, a la technique pour faire les dépistages de coronavirus depuis le début du confinement. On a organisé les sites pour pouvoir faire les prélèvements. Il faut bien comprendre que le nombre de tests mis à notre disposition est actuellement limité ce qui nécessite de trier le plus possible les sujets présentant des risques. De toutes façons, l’ARS (Agence régionale de santé) a établi une liste des personnes éligibles pour ces tests et on doit s’y conformer."

Comment se faire dépister ?

B.A : "Les prélèvements sont organisés uniquement sur prescription médicale, c’est inutile de venir au laboratoire sans ordonnance. Il faut savoir que l’on a des comptes à rendre à l’ARS pour les tests que l’on fait.

Les gens prennent rendez-vous, on fait avec eux à l’avance le dossier informatique de manière à ce qu’ils n’aient pas à rentrer dans le laboratoire et ils viennent comme dans un driv’in. Ils ouvrent la fenêtre, on leur fait le prélèvement et ils repartent. Si on faisait rentrer les gens dans le laboratoire, il faudrait que l’on désinfecte tout et la procédure de désinfection est longue. Alors que là, ils restent dans leur voiture. C’est un prélèvement au niveau du nez, comme pour la grippe ou la coqueluche, et ça nous permet de pouvoir traiter plus de gens sans avoir de soucis de désinfection."

Quel délais pour avoir les résultats ?

B.A : "Les prélèvements sont envoyés sur notre site de bactériologie à Bourg-lès-Valence, on en envoie tous les jours. Les résultats sont disponibles le lendemain ou le surlendemain."

Pourquoi le nombre de tests est limité ?

B.A : "Ce sont les fournisseurs de réactifs qui sont sollicités et n’arrivent pas à suivre. Les tests nécessitent à la fois un matériel spécifique, du personnel et des moyens qui sont particuliers. C’est pour ça que seuls certains sites peuvent le faire, nous on a pu le monter, mais sur certains sites de bactériologie, on ne peut pas."

Comment les dépistages se passent pour le moment ?

B.A : "Jusqu’à présent ça se passe très bien, les médecins ont bien compris et c’est limité au maximum. On a la même démarche vis à vis de l’hôpital de Crest et de Die puisque l’on fait les tests pour eux. Pour l’instant ça reste limité et bien maîtrisable avec les rendez-vous.

Si jamais on dispose de davantage de tests dans l’avenir, on pourra faire différemment mais pour l’instant on essaie de se tenir aux recommandations et aux exigences de l’ARS. D’autant plus que d’autres hôpitaux nous ont appelés, certains ont des problèmes pour faire les dépistages, en particulier les hôpitaux de l’Ardèche, donc on va faire les dépistages pour eux."

Elodie Potente 


Yves Galléa, médecin à Aouste-sur-Sye (propos recueillis par Estelle Pereira) : "S’il n’y a pas de dénaturation d’oxygène dans le sang, si l’auscultation pulmonaire a priori ne montre pas de pneumonie et si les gens sont dans un état correct (pas de diabète, d’insuffisance rénale ou cardiaque, ni sous médicaments), on a la consigne de ne pas les faire tester car il n’y a pas assez de tests. On leur remet une feuille et on les renvoie chez eux avec des mesures de confinement un peu plus drastiques (ne pas manger en même temps que le reste de la famille, rester dans une chambre, se laver les mains tout le temps et s’ils arrivent à trouver un masque, en porter un quand il est avec les membres de sa famille et ne pas sortir du tout)."


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